Les enfants constituent un groupe particulièrement vulnérable en temps de conflits armés. La communauté internationale ne cesse de multiplier les appels et redoubler ses efforts pour apporter une protection spécifique aux enfants victimes de guerres, conflits armés et crises humanitaires.
Cette protection a pris forme à travers la mise en place d’un arsenal international juridiquement contraignant et des règles du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, bien définies, visant à protéger la vie humaine lors des conflits armés.
Le droit international humanitaire a, en effet, mis en place des mesures qui s’adressent en priorité aux Etats, ainsi qu’à toutes les parties aux conflits, en vue d’assurer la protection de la population civile dans son ensemble en temps de guerre, et les enfants en raison de leur vulnérabilité. Dans ce cadre, il existe une panoplie de dispositions garantissant la protection des enfants plus particulièrement l’interdiction du meurtre, des mutilations, de la torture, des traitements cruels, humiliants et dégradants, des prises d'otages et des procès inéquitables, perpétrés à fortiori contre des enfants.
En outre, le droit international humanitaire stipule que les enfants, touchés par les conflits armés, doivent particulièrement bénéficier d'un respect et d'une protection spécifique, sans aucune distinction par rapport à la nature du conflit. Dans ce cadre, les quatre Conventions de Genève de 1949 et leurs deux Protocoles additionnels de 1977 sur le droit international humanitaire énoncent clairement que l'enfant jouit de la protection générale, accordée aux civils pendant les conflits armés, afin de lui épargner leurs effets néfastes.
Le Conseil de Sécurité, en tant qu’organisme chargé de garantir le maintien de la paix et de la sécurité internationales, a adopté plusieurs résolutions qui condamnent toutes les formes de violences, d’abus et d’exploitation visant les enfants dans les conflits armés et appellent à leur protection internationale directe et indirecte. La dernière en date est la résolution 2601, adoptée le 29 octobre 2021, qui condamne fermement toutes les violations du droit international concernant le recrutement et l’utilisation d’enfants par les parties à un conflit armé ainsi que leur enrôlement. Dans cette résolution le Conseil de sécurité exhorte les États Membres à fournir la protection et l’assistance nécessaires aux enfants dans les situations de conflits.
La protection internationale directe des enfants pendant les conflits armés se fait à travers l’instauration d’un ensemble de règles internationales, inviolables, visant à protéger l’enfant et le suivi de leur mise œuvre par les institutions internationales. La protection internationale indirecte s'effectue, quant à elle, à travers l’enseignement, la formation, le conseil, la conduite d’enquêtes et de recherches et l’organisation de congrès qui portent sur les questions du droit international humanitaire, en général, et de la protection de l’enfant en particulier.
En 2021, plusieurs cas de recrutement, de meurtre, d’atteinte à l’intégrité physique, de viol et de violence sexuelle sous d’autres formes, d’enlèvement, d’attaque contre des écoles et des hôpitaux, et de refus d’accès humanitaire ont été enregistrés. Ces chiffres alarmants nous rappellent malheureusement que les enfants restent parmi les populations les plus vulnérables qui souffrent le plus dans les crises humanitaires. De plus, la protection des enfants a été fortement affectée par l'escalade de conflits, les affrontements armés et le mépris du droit international humanitaire et des droits de l'Homme.
Le Royaume du Maroc soutient pleinement l’action des Nations Unies dans la lutte contre le recrutement des enfants par les forces ou les groupes armés et adhère à une approche globale et transversale de cette question où les différents intervenants (Etats Membres, Conseil de Sécurité, organismes spécialisés des Nations Unies, UNICEF et le Comité International de la Croix Rouge (CICR) et ONG…) jouent des rôles cruciaux et complémentaires, se renforçant mutuellement en vue de prévenir et lutter contre l’enrôlement des enfants dans les conflits armés.
Dans ce cadre, la Commission Nationale du Droit International Humanitaire organisera, le 23 mars 2022, à Rabat, un colloque international sur le thème de « la protection des enfants dans les crises humanitaires », avec la participation de plusieurs intervenants de Haut niveau, représentant les Nations Unies, les institutions d’aide humanitaire, les ONGs nationales et internationales, les institutions universitaires, les groupes de réflexion, et éventuellement des témoins et d’anciens « enfants soldats ».
En outre, l’année 2022 marque le 26ème anniversaire de la création de l'agenda des enfants et des conflits armés au Conseil de sécurité de l’ONU, y compris le mandat de Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, par l'Assemblée générale des Nations Unies. Ce colloque sera l'occasion de réfléchir aux progrès réalisés dans la protection des enfants dans les situations de crises humanitaires et d'explorer les moyens de renforcer davantage les efforts à cet égard.
La tenue de ce colloque devrait constituer une occasion appropriée pour attirer l’attention sur les conditions dégradées des enfants dans les conflits armés en Afrique, leur enrôlement militaire au Sahel, dans les camps de Tindouf et en Afrique de l’Est, par les groupes armés, dont Boko Haram, Al Qaïda au Sahel et le Polisario.
OBJECTIFS DU COLLOQUE :