Organisée par la commission nationale du droit international humanitaire, sur la protection des femmes durant les crises humanitaires, un colloque international s’est tenu cette journée à Rabat , dans le cadre de la commémoration de la journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année.
La commission nationale du droit international humanitaire a voulu faire de cette manifestation , une occasion de célébrer la journée internationale de la femme, de sorte à mettre en exergue les missions dévolues à la commission dans le domaine de promotion du droit international humanitaire et de diffusion de ses valeurs et principes hautement humanitaires . Elle veut ainsi mettre en évidence les formes de souffrances et de violations dont sont victimes les femmes en des situations entrant dans le domaine d’application du droit international humanitaire.
Etaient présents à ce colloque notamment , le chef de gouvernement , Saad Eddine Othmani , le représentant permanent du Royaume auprès des Nations Unies , l’ambassadeur Omar Hilal , en plus de la participation d’experts et de spécialistes ayant à leur actif une expertise professionnelle avérée , et une connaissance approfondie du droit international humanitaire. Ils ont apporté de riches éclairages sur volets juridiques relatifs à la protection de la femme durant les crises humanitaires et les efforts internationaux entrepris dans ce domaine. La situation des femmes retenues dans les camps de Tindouf a été passée en revue en tant que cas typique déplorable de souffrances des femmes dans pareilles crises .
Dans une allocution d’ouverture à cette occasion, la présidente de la commission nationale du droit international humanitaire , Mme Farida Khamlichi, a souligné que l’initiative d’organiser un tel colloque se justifie par le rôle éminent que joue le Royaume du Maroc dans le concert des nations et son attachement permanent aux principes humanitaires universellement partagés ainsi que par ces efforts soutenus pour soulager les souffrances des victimes des crises humanitaires dans les différentes régions du monde , faisant observer que le colloque constitue une occasion de passer en revue la riche expérience qu’a acquise le Maroc dans le domaine humanitaire et de valoriser la vision nationale basée sur l’approche humanitaire s’agissant des crises découlant des conflits, des catastrophes naturelles et des crises sanitaires.
Mme Khamlichi a souligné , à cet égard, que le Royaume du Maroc a accompli , sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de grandes avancées dans le domaine de la promotion des droits de l’Homme et du droit international humanitaire, et fait de la question de la protection des êtres humains une préoccupation permanente , dans toutes les situations et circonstances , tant en ce qui concerne les domaines entrant dans la sphère d’application de la législation des droits de l’homme, que ceux régis par les dispositions du droit international humanitaire.
Elle a indique que la commission nationale du droit international humanitaire vise, à travers le choix du thème de ce colloque , à contribuer à la promotion du droit international humanitaire en mettant en exergue ses règles vouées à la protection de la femme et à ouvrir le débat sur les fondements juridiques et la réalité vécue en matière de protection de la femme dans des circonstances exceptionnelles accompagnant les catastrophes naturelles et sanitaires .
Il s’agit aussi de passer en revue des cas divers de crises humanitaires vécues dans le monde comme la pandémie du covid 19.
Dans le même temps, l’examen du thème de la «protection des femmes durant les crises hmanitaires « , ajoute Mme Khamlichi, implique de mettre en lumière les souffrances des femmes séquestrées dans les camps de Tindouf et la situation inhumaine dont elle pâtissent du fait du blocus imposé aux camps, outre les exactions et les abus attentatoires à leur dignité dont elles sont victimes, et ce en violation flagrante des principes humanitaires universellement partagés . Elle a souligné dans ce sens, que le colloque constitue une opportunité pour attirer l’attention , encore une fois, sur les agissements injustes et atteintes graves aux droits fondamentaux des femmes dans les camps de Tindouf.
Et Mme Khmlichi d’ajouter : « si le droit international humanitaire garantit la protection à la femme lors des conflits armés, il n’en demeure pas moins que le traitement réservée à la femme dans de tels conflits ne peut que susciter des interrogations sur l’impact effectif des dispositions du droit international humanitaire en matière de protection réelle de la femme . Des interrogations demeurent également légitimes concernant l’effort d’anticipation qu’on est en droit d’attendre du droit intedrnational humanitaire et des législations nationales pour faire face à de telles situations , mais aussi les prévenir et les sanctionner, et barrer la route à l’impunité ».
Pour sa part, Mme Amina Bouayach , présidente du Conseil national des droits de l’Homme, a fait savoir que la protection des droits des femmes se base sur la mise en œuvre de plans intégrés et bien définis pour démanteler le terreau propice à la commission des violations qui ont des impacts négatifs directs et indirects sur les droits des femmes et des filles , lesquelles sont exposées durant ces circonstances et ultérieurement , à des violations qui foulent au pîed non seulement leurs droits fondamentaux , mais peuvent affecter le droit le plus précieux parmi les droits de l’homme, le droit à la vie.
Elle a souligné que la protection des femmes et des filles doit prévaloir en tout temps et en toutes circonstances , sans exception , ni laxisme , y compris durant les conflits qui, au demeurant , ont changé de nature, passant de conflits armés a des situation conflictuelles larvées difficilement classable dans les catégorisations usitées.
Selon Mme BOuayach , l’absence de structures étatiques dans certains conflits aggrave encore plus la fragilité des femmes, tant en ce qui à trait à l’accessibilité aux soins de santé et à l’enseignement , que s’agissant des mécanismes juridictionnels pour obtenir justice et mettre fin à l’impunité. Cette absence entrave aussi les voies qui s’offrent pour briser le silence des femmes et des filles concernant les violations dont elles sont l’objet.
En plus des mesures de protection et de promotion des droits des femmes, la présidente du Conseil national des droits de l’homme a insisté sur la nécessité d’œuvrer à la mise au point de programmes nouveaux et à réfléchir à des stratégies prospectives privilégiant l’anticipation des faits de violations en vue de les prévenir, tout comme il importe de veiller à la qualification des femmes et des filles victimes de violations lors des crises humanitaires.
Les participants ont pu, à l’occasion de ce colloque, s’arrêter sur diverses formes de violations graves physiques et psychologiques dont souffrent les femmes sahraouies marocaines durant plus de deux générations.
A ce propos, l’activiste humanitaire et membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes , Saâdani Maalainine , a livré un témoignage poignant sur sa déportation forcée , elle et d’autres enfants, alors qu’elle n’avait que neuf ans, vers Cuba où elle est demeurée sans lien avec sa famille durant 18 ans.
De même, Mme Sadani Maalainine a mis en lumière les violations gravissimes des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf , soulignant que ceux qui occupent le devant de la scène dans les camps ont confisqué la volonté des populations pour servir des desseins politiques et égoïstes. Pour Mme Saadani Maalainine, « il y a ce paradoxe étonnant que ces dirigeants du +polisario+ dont les mains ont souillées du fait des violations, ont l’outrecuidance de se présenter au monde comme victimes « . Elle a dénoncé, à ce propos , les violations flagrantes des droits des enfants, telles les séparations forcées par la déportation, la conscription et la torture, outre le bourrage de crânes qu’ils subissent pour entretenir la haine contre le Maroc.
De son côté , M. Ouchnane Ismail Abwé, professeur universitaire et ex-doyen de l’école d’économie et de gouvernance au Ruanda, a souligné que les volontés du Maroc et du Ruanda se rejoignent pour défendre des droits de la femme et promouvoir sa condition, ainsi que pour plaider dans le concert des nations , pour mettre fin aux souffrances des femmes , notamment celles qui sont victimes d’exactions, de persécutions et de toutes sortes de privations dans les camps de Tindouf, forts en cela des réformes institutionnelles entreprises dans les deux pays dans ce domaine.
Il a passé zen revue, à cet égard, différentes formes de violations dont sont victimes les femmes dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest algérien, surtout le fléau de l’esclavage qui malheureusement demeure pratiqué de nos jours. il a fait savoir que le quotidien insupportable des femmes séquestrées dans les camps reste, hélàs, hors champ de vision de la communauté internationale des droits de l’Homme, car le pays d’accueil empêche systématiquement l’accès des activistes des droits de l’Homme à ces camps.
Il a ainsi affirmé que le plaidoyer en faveur des droits des populations de Tindouf demeure une préoccupation impérative, particulièrement en faveur des femmes , au regard notamment de la poursuite du détournement des aides humanitaires qui impacte durement le train de vie quotidien des personnes séquestrées, insistant sur l’urgence de procéder au recensement de ces populations, comme « étant le passage obligé pour toute initiative visant à garantir les droits des femmes dans les camps ».
Pour sa part, Mme Mahjouba Daoudi, présidente du Centre du Sahara pour l’information, les études et recherches a traité du thème : « les attentes des femmes séquestrées dans les camps de Tindouf pour soulager leur calvaire ». Elle a exposé les différentes formes de violations, consistant en la traite des êtres humains, le mariage forcé et les abus sexuels dont sont victimes les femmes et filles, , mettant en relief des cas dramatiques de victimes de viols et d’exécutions extrajudiciaires par les mains mêmes des chefs du +polisario+ .
Elle a, d’autre part, relevé l’absence de données sanitaires essentielles concernant la situation dans les camps, notant que le recours du +polisario+ aux centres de détention ajoute encore à la situation dramatique des victimes de répression , particulièrement les femmes et les filles.
De son côté, M Eric Cameroon, président de l’association « World Fioji Action » de Norvège, a mis en relief la situation misérable des femmes dans les camps de Tindouf, du fait de la poursuite du détournement des aides humanitaires affirmant que les femmes séquestrées souffrent de maladies chroniques comme l’anémie du fait de la malnutrition.
Le programme de cette manifestation , qui s’est déroulée en présence de responsables gouvernementaux et d’acteurs s’intéressant aux droits de l’homme , a comporté la projection de séquences vidéo montrant des témoignages de femmes ayant vécu l’expérience de la séquestration à Tindouf, avec son lot de violences sexuelles, d’embrigadement militaire des enfants