Rabat- les travaux du colloque international sur le thème : «70 après l’adoption des conventions de Genève …les défis de la protection humanitaire», se sont ouverts , mercredi matin au siège de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc à Rabat.
Cette manifestation, organisée par la commission nationale du droit international humanitaire, en collaboration avec le comité international de la Croix rouge, s’est penchée sur l’impact des conventions de Genève, en tant que levier essentiel du droit international humanitaire et pierre angulaire pour la protection des personnes en période de guerre.
Lors de l’ouverture de ce colloque, Mme Farida Khamlichi , présidente de la commission nationale du droit international humanitaire a souligné que la célébration de sept décennies depuis la signature des quatre conventions de Genève, est une occasion propice d’évoquer les nobles objectifs que ces instruments internationaux tendent à réaliser, et les principes hautement humanitaires qui leur servent d’assise, de sorte que l’ensemble des nations en sont parties prenantes depuis 1995, ce qui traduit le ferme engagement universel envers les questions humanitaires .
Mme Khamlichi a indiqué que la commission vise , à travers l’organisation de ce colloque, à engager une réflexion sur la situation présente du droit international humanitaire et les perspectives de son développement en vue de renforcer l’application de ses règles.
Elle a évoque , à cette occasion, les rôles joués par la commission, mise sur pied en 2018, en tant qu’institution consultative auprès du chef de gouvernement , investie de la mission de coordinner les efforts voués à la mise en pratique du droit international humanitaire au plan national, et émettre des avis sur les question en rapport avec ce droit.
Mme Khamlichi a précisé que la commission a déployé ses efforts selon deux axes se rapportant à la diffusion et la vulgarisation du droit international humanitaire à une large échelle, et la focalisation de l’intérêt sur le parachèvement de l’adhésion du Royaume du Maroc aux instruments internationaux connexes , outre la mise en conformité de la législation nationale avec les conventions et accords internationaux signés par le Maroc.
En droite ligne de ses attributions, la commission nationale, ajoute Mme Khamlichi, a œuvré à asseoir des relations de coopération privilégiée avec un certain nombre d’organisations concernées par le droit international humanitaire, en premier lieu le comité international de la Croix rouge . Elle a de même conclu nombre de mémorandums de coopération avec les commissions nationales similaires intervenant dans le domaine du droit international humanitaire dans plusieurs pays et ce, dans l’objectif de partager les expériences, échanger les expertises en matière d’amélioration des conditions d’application idoine du droit international humanitaire au niveau national et coordonner les vues au niveau des différentes instances internationales.
Elle a souligne que l’expérience engrangée par la commission nationale, depuis sa création, et les réalisations qu’elle a accomplies lui ont permis d’occuper une place de choix parmi les commissions nationales, ce qui lui a valu d’être saluée par le comité international de la Croix rouge , lequel a inscrit dans l’ordre du jour de la conférence mondial des commissions nationales , tenue à Genève en 2016, la présentation de l’expérience de la commission nationale du Royaume du Maroc en tant qu’ « expérience exemplaire en matière d’application du droit international humanitaire au niveau national ».
De son côté, Mme Rania Mechleb, présidente de la délégation du comité international de la Croix rouge au Maroc, a salué la tenue de cette conférence sur le territoire du Royaume du Maroc , qui , a-t-elle dit, constitue l’un des Etats ayant contribue le plus substantiellement et de manière soutenue à la diffusion de la culture de la paix dans le monde.
Me Mechleb a par ailleurs, constaté avec regret que l’humanité demeure encore menacée dans pas mal de contrées, du fait de la persistance de conflits armés , affirmant que cela ne détournera en rien le comité international de la Croix rouge de la poursuite de ses efforts en vue de hâter l’avènement d’un monde sûr.
La conférence s’est ouverte par la projection d’un film documentaire retraçant les actions de la commission nationale du droit international humanitaire et ce, en présence des ambassadeurs et représentants du corps diplomatique et des organisations internationales.
Ce colloque vise en particulier à saisir l’opportunité de cette célébration pour une meilleure prise de conscience de la portée historique et symbolique des conventions de Genève afin de garantir une protection primordiale de l’humanité contre l’’anéantissement , et donner l’occasion aux spécialistes d’échanger leurs vues et de communiquer leurs expertises en rapport avec le développement des mécanismes juridiques, institutionnels et organisationnels dont la mise en place est essentielle pour le respect des conventions de Genève au niveau diplomatique et à l’échelle des Nations Unies.
Les travaux de ce colloque se sont poursuivis par une séance plénière qui s’est penchée sur l’examen de thèmes relatifs aux conventions de Genève , aux efforts fournis par le Maroc pour honorer leurs contenu, ainsi que sur leur rôle au service des impératifs humanitaires, les défis qui se posent sur la voie de l’application du droit international humanitaire dans les conflits armés contemporains, et la mise en conformité des législations nationales avec les quatre conventions de Genève.